K. fait durer Crash – finalement, que changeront quelques jours de plus après des années à essayer de se procurer ce livre – et reprend ses vieilles (et mauvaises ?) habitudes en lisant plusieurs livres en même temps.
Haruki Murakami fait parti de ces auteurs que je crois toujours avoir lus, et puis en fait non, rien, jamais. En plus je confonds systématiquement Haruki et Ryu, que pourtant que je n’ai pas davantage lu. Bref, il y a peu, lors d’une de mes habituelles razzias du samedi à la librairie, l’Autoportrait de l’auteur en coureur de fond était sur une des tables (au supermarché on dirait en tête de gondole), et je l’ai embarqué. Il faut dire que j’ai toujours été fascinée par la course de fond, alors – ou justement parce que – je suis incapable de courir plus de 10 minutes sans décéder, ce que d’ailleurs je dois essayer environ tous les 5 ans.
Au-delà de l’admiration pour des gens capables de dompter leur corps et leur fatigue, il me semble que cet intérêt des plus étranges remonte à un roman lu dans ma prime jeunesse. Je devais avoir 11 ou 12 ans, c’était l’été. A cette époque j’étais une lectrice compulsive qui dévorait pas loin d’un livre par jour en moyenne, souvent deux en vacances. C’était une sorte de maladie, je lisais à toute vitesse et à peu près tout ce qui pouvait me tomber dans les mains. Je ne dis pas que je ne faisais pas de différence entre Balzac et Paul-Loup Sulitzer, mais j’étais capable de lire les deux avec le même engouement. Bref, cet été là, j’ai dévoré en quelques jours les deux tomes de La grande course de Flanagan. Aujourd’hui je suis bien incapable de dire ce que valait ce bouquin, pas grand-chose sans doute d’un point de vue littéraire. Une petite recherche Google m’apprend d’ailleurs que le livre est surtout lu par des fans d’ »endurance extrême », tout un programme.
Le livre de Murakami n’a bien sûr rien à voir avec le bouquin de mon enfance, et je ne suis pas sûre non plus que cela soit une très bonne manière de découvrir l’oeuvre de Murakami. Mais c’est une pose agréable entre deux chapîtres du roman le plus saturé de sexe et de perversité qui soit. Un peu comme si après avoir picolé, fumé, baisé, torturé un chien et poussé son voisin par la fenêtre, on prenait une douche et on partait se promener en forêt.
Tags: haruki murakami

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