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la-douleurIl y a très longtemps, K. était très sérieuse et lisait toujours le texte avant d’aller au théâtre. Parfois même, elle le relisait. Désormais elle ne le lit plus jamais, sauf exception.

Il s’agit bien d’une exception, car « La douleur » n’est pas un texte écrit pour le théâtre, et K. a envie de mesurer un peu l’écart qu’il y aura entre le livre de Duras et la mise en scène de Chéreau, jeudi prochain, à 21h, au théâtre de l’Atelier.

hester-lillyune-minute-de-silenceDans sa valise, en plus de Crash, et du Guide de l’incendiaire…, elle a glissé deux livres achetés cet été mais toujours pas lus, ainsi qu’Effroyables jardins de Michel Quint q’elle avait adoré il y a quelques années, pour vérification.

autoportrait_auteur_coureur_de_fondK. fait durer Crash – finalement, que changeront quelques jours de plus après des années à essayer de se procurer ce livre – et reprend ses vieilles (et mauvaises ?) habitudes en lisant plusieurs livres en même temps.

Haruki Murakami fait parti de ces auteurs que je crois toujours avoir lus, et puis en fait non, rien, jamais. En plus je confonds systématiquement Haruki et Ryu, que pourtant que je n’ai pas davantage lu. Bref, il y a peu, lors d’une de mes habituelles razzias du samedi à la librairie, l’Autoportrait de l’auteur en coureur de fond était sur une des tables (au supermarché on dirait en tête de gondole), et je l’ai embarqué. Il faut dire que j’ai toujours été fascinée par la course de fond, alors – ou justement parce que – je suis incapable de courir plus de 10 minutes sans décéder, ce que d’ailleurs je dois essayer environ tous les 5 ans.

Au-delà de l’admiration pour des gens capables de dompter leur corps et leur fatigue, il me semble que cet intérêt des plus étranges remonte à un roman lu dans ma prime jeunesse. Je devais avoir 11 ou 12 ans, c’était l’été. A cette époque j’étais une lectrice compulsive qui dévorait pas loin d’un livre par jour en moyenne, souvent deux en vacances. C’était une sorte de maladie, je lisais à toute vitesse et à peu près tout ce qui pouvait me tomber dans les mains. Je ne dis pas que je ne faisais pas de différence entre Balzac et Paul-Loup Sulitzer, mais j’étais capable de lire les deux avec le même engouement. Bref, cet été là, j’ai dévoré en quelques jours les deux tomes de La grande course de Flanagan. Aujourd’hui je suis bien incapable de dire ce que valait ce bouquin, pas grand-chose sans doute d’un point de vue littéraire. Une petite recherche Google m’apprend d’ailleurs que le livre est surtout lu par des fans d’ »endurance extrême », tout un programme.

Le livre de Murakami n’a bien sûr rien à voir avec le bouquin de mon enfance, et je ne suis pas sûre non plus que cela soit une très bonne manière de découvrir l’oeuvre de Murakami. Mais c’est une pose agréable entre deux chapîtres du roman le plus saturé de sexe et de perversité qui soit. Un peu comme si après avoir picolé, fumé, baisé, torturé un chien et poussé son voisin par la fenêtre, on prenait une douche et on partait se promener en forêt.

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Ce week-end, K. a acheté

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crash

Un livre que K. veut lire depuis 1996, année du chef d’oeuvre de David Cronenberg. D’abord épuisé, le livre est resté longtemps inacessible.

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vendettaAlors, alors, alors, c’était comment ? Aussi bien que Seul le silence ?

C’est bien, c’est vachement bien, c’est un livre comme on voudrait en lire plus souvent. Mais « Vendetta » reste loin derrière le premier livre de Ellory. C’est plus compliqué, plus ambitieux, et moins convenu que Seul le silence. Mais la force de « Seul le silence » c’était justement sa limpidité. Une histoire toute simple, racontée 1000 fois dans les polars, mais traitée là avec poésie, émotion, réflexion. Le polar s’effaçait presque derrière la littérature. On voulait savoir la suite, mais on ne voulait pas non plus que cela finisse.

Bref, si vous n’avez pas lu Seul le silence, vous devez ab-so-lu-ment réparer cette erreur monumentale. Si vous avez adoré Seul le silence, pour son style, sa charge émotionnelle, voire métaphysique, vous serez peut-être un peu déçu par Vendetta qui ressemble plus à un excellent polar un peu intello. Quant à K., elle attend le prochain R.J Ellory.

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Je-vais-mourir-ce-soirAprès avoir lu L’enfant des colonels cet été (merci les petites notes des vendeurs du Virgin Champs-Elysées), K. s’est dépêché de commander l’unique autre roman de Fernando Marias disponible en français.

Je vais mourir cette nuit est aussi mince que L’enfant des colonels est gros, mais la veine est bien identique. Vengeance, cruauté gratuite, duel à distance entre deux hommes, la « recette » est la même, et c’est vraiment très bien ficelé. On adore, on en redemande… même si cette fois encore on se demande si l’auteur n’en fait pas tout de même un peu trop. C’est si sadique et violemment  inhumain que l’histoire perd un peu en crédibilité. Ou alors K. est juste un coeur un peu trop naïf et sensible.

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bestial-serviteurOn a promis à K. un livre aussi sombre qu’hilarant.

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bardatrac

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Au détour d’une réunion avec une collègue, K. a découvert qu’Elle (oui, K. travaille dans un endroit où Elle est un outil de travail – ou presque) conseillait à ses lectrices le Journal de Joyce Carol Oates. Sans vouloir sous-estimer le lectorat de ce journal, K. doute un peu de l’adéquation cible / produit en l’occurence, et ce d’autant plus que le dit Journal est depuis 2 mois au pied de son lit sans qu’elle réussisse à dépasser la page 30. Mais c’est un autre sujet sur lequel K. reviendra peut-être plus tard.

Bref, autour des pages « littérature » de Elle, K. et sa collègue discutent bouquins, et la question rituelle revient.  « T’as des trucs à me conseiller ? ». Cette fois K. connaît mal la demandeuse, et doute un peu qu’elles partagent vraiment les mêmes goûts en matière de livres. Mais la collègue se révèle fan d’enquêtes, de polars et adore Fred Vargas. Du coup, l’ordonnance de K. a été :

  • Seul le silence (encore !)
  • n’importe quel Elizabeth George
  • Les falsificateurs d’Antoine Bello, qui sort un peu de la catégorie, mais qui était le page turner de 2007

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