Bof

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autoportrait_auteur_coureur_de_fondEn achetant « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » de Haruki Murakami, je pensais acheter un roman, pas vraiment un essai. Essai, c’est d’ailleurs un peu exagéré, tant ce livre paraît mince, dans tous les sens du terme. Pas vraiment de construction. Un style assez banal. Un sujet dont l’intérêt est somme toute limité, sauf peut-être si on est un fan de Haruki Murakami. Bref, si vous êtes fasciné par quelqu’un capable de courir 10 kilomètres 6 jours sur 7 pendant 20 ans, ou si, pour vous, aimer un auteur c’est aimer sa vie, lisez ce livre. Sinon…

Pourquoi avoir fini le livre alors ?

1. Parce que je déteste laisser un livre en plan – même si désormais je me l’autorise (Pfft !)

2. Parce que je reste fascinée par la rigueur de Murakami, qui ne rate jamais un entraînement, qui courre un marathon par an minimum, qui pratique le triathlon de temps en temps, et qui a même tenté (et terminé) un marathon extrême de 100 km (j’ignorais même qu’un corps humain puisse supporter cela !)

3. Parce qu’il y a tout de même quelques beaux passage sur l’écriture, et que j’ai été particulièrement touchée par le point de départ de cette ascèse sportive. Car si Murakami s’est mis à courir c’est pour maintenir en état son corps d’écrivain rivé à sa table. La course est au service de l’écriture, c’est tout.

Conclusion, K. va lire très vite un « vrai » roman de Murakami, mais elle a tout de même acheté une paire de basket.

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cercle-litteraireSi K. a acheté le grand succès de l’été 2009, c’est pour 2 raisons :

  1. elle partait une semaine en vacances avec pour seul objectif, lire, lire, lire. Programme qui suppose de mettre dans sa valise des livres très variés, en genre, taille, et ambition littéraire, afin de pouvoir enchaîner les bouquins sans risquer le danger n°1 qui guette le lecteur boulimique en province : « j’ai rien à lire, y’a rien qui me fait envie »
  2. elle était tombée sur un article, du Nouvel Obs ?, vantant les mérites de ce succès inattendu

Pour être tout à fait honnête, K. doit admettre que la première partie de ce « Cercle des amateurs d’épluchures de patates » ne lui a pas tant déplu que cela. Evidemment l’astuce du roman épistolaire est un peu éculée, mais permet de varier à peu de frais le style, le caractère, le vocabulaire puisque les auteurs sont officiellement différents. Et puis c’était facile à lire, ça ne cassait pas trois pattes à un canard, mais c’était entraînant, la parfaite lecture de plage, quoi ! K. n’est pas bégueule, et ne crache pas sur un roman bien ficelé qui n’a pas d’autre ambition que de faire passer un bon moment.

Malheureusement les choses se gâtent un peu une fois l’héroïne arrivée à Guernesey. Petit à petit l’intérêt de l’histoire se perd, surgit l’obligatoire histoire d’amour légèrement contrariée, et on finit par lire en diagonale, un comble pour un roman aux chapitres bien courts et au texte écrit bien gros. Bref, K. a fini par avoir très envie d’en finir, et s’est dit qu’une fois de plus on lui avait vendu comme un petit bijou un roman simpliste et passablement bâclé dont le seul mérite était de lui avoir donné l’idée de passer un week-end à Guernesey à l’occasion. L’ode aux passionnés de littérature promis s’était muée en une plaquette de l’office de tourisme de Guernesey.

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