


Tags: Brock Clarke, Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre, james frey, Joseph O'Neill, L.A. story, netherland
Et la question est : sera-ce aussi bien que Seul le silence ?
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Quand K. s’ennuie en réunion, elle fait des listes.
K. adore les listes, raison pour laquelle elle a acheté (mais pas encore lu) l’ « Encyclopédie capricieuse du tout et du rien » de Charles Dantzig, raison pour laquelle « Ma part d’ombre » est son Ellroy préféré (comprenne qui pourra).
Bref, en cette période de rentrée littéraire, K. a décidé de faire la liste de ses 10 livres préférés. L’exercice avait l’air simple. Mais après 4 ou 5 titres surgis assez spontanément, K. a un peu séché. 10 c’était trop ou pas assez. Les 10 livres préférés devaient-ils recouper plus ou moins la liste des 10 auteurs préférés – et quelle était cette liste - ? Un livre préféré était-il un livre relu régulièrement ou un livre lu il y a très longtemps mais dont on gardait un souvenir très fort ?
Comme la réunion touchait à sa fin, K. décida de dresser la liste des 10 livres qui ce jour-là, à 13h35 (malheureusement là où travaille K. on aime les meetings – K. travaille dans une boîte américaine – où l’on s’ennuie en avalant un sandwich trop sec impossible à manger avec dignité), lui semblaient ses préférés :
Nous étions les Mulvaney, Joyce Carol Oates
Ma part d’ombre, James Ellroy
Le quatuor d’Alexandrie, Laurence Durell
La recherche, Proust
Charles, Jean-Michel Béquié
Mme Bovary, Flaubert
Le rivage des Syrtes, Gracq
Le démon, Hubert Selby Jr
Le livre noir, Orhan Pamuk
L’idiot, Dostoïevski
Ce qui donnait :
5 romans relus régulièrement, au moins par bouts
3 lus pour la première fois avant 17 ans
5 avant 19 ans
0 dans les 3 dernières années, peut-être 4
Tags: A la recherche du temps perdu, Charles, Charles Dantzig, Dostoïevski, Ellroy, Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Flaubert, Gracq, Hubert Selby Jr, Jean-Michel Béquié, L'idiot, Laurence Durell, Le démon, Le livre noir, Le quatuor d’Alexandrie, Le rivage des Syrtes, Ma part d'ombre, Mme Bovary, Nous étions les Mulvaney, oates, Orhan Pamuk, proust
K. adore répondre à cette question récurrente car :
- personnellement elle ne pose cette question qu’à des personnes de confiance, si on la lui pose, c’est donc qu’on l’aime un peu
- si K. fait découvrir un auteur à quelqu’un, généralement il le lui rend en lui suggérant un super bouquin
- c’est un excellent moyen de tester un début d’amitié ou d’intérêt pour quelqu’un. Celui qui la semaine suivante revient en te disant que « Le démon » de Selby l’a fait chier, tu peux l’oublier.
La semaine dernière, une collègue que K. aime beaucoup (cela arrive) lui a donc posé cette question. Elle ne lit jamais de polar, du coup K. ne lui a pas dit de lire « Seul le silence », qui est pourtant le bouquin qu’elle supplie tout le monde de lire depuis 2 mois1. Mais comme K. trouve ça dommage de ne jamais lire de polar, elle lui ai conseillé de commencer doucement (pas un vrai polar au sens strict, mais de la vraie littérature en barre) avec « Ma part d’ombre ». Si ça ne lui plaît pas, K. lui en voudra un peu, mais pas trop.
Mais surtout, cette collègue n’a jamais lu Joyce Carol Oates (cela arrive aux meilleurs), K. lui a donc parlé de « Nous étions les Mulvaney », « Confessions d’un gang de filles », « Blonde », qui sont ses premiers Oates, et qui restent finalement parmi ses préférés.
- « Seul le silence » vient de sortir en poche, preuve de son succès sans doute [↩]
Tags: blonde, confessions d'un gang de filles, Ellroy, Ma part d'ombre, Nous étions les Mulvaney, oates, seul le silence

K. n’a jamais aimé ne pas finir un livre. Ça lui arrive rarement. Elle a l’impression qu’on ne peut pas dire qu’un livre est nul – ou un film raté - avant de se l’être tapé jusqu’au bout. Heureusement, en vieillissant K. devient un peu plus souple, ou moins bêtement respectueuse de la chose publiée, et elle peut refermer un livre en cours de route parce qu’il est mauvais, super chiant, totalement sans intérêt ou vraiment écrit avec les pieds.
K. a lu 136 pages exactement d’ »Amende honorable ». C’est déjà pas mal, mais sur plus de 600 pages c’est peu. K. n’a pas arrêté plus tôt car elle avait lu quelque part un « article » qui lui avait donné super envie de le lire. Elle a oublié où, mais elle soupçonne l’un des libraires du blog Livres échanges. K. n’a pas arrêté plus tôt car en faisant une petite recherche elle a découvert qu’un tas de gens avisés trouvaient ce livre extraordinaire (il a même eu un prix, c’est dire). K. n’a pas arrêté plus tôt surtout – car il semble qu’elle ait un minimum d’indépendance d’esprit – parce que l’histoire avait l’air super (des personnages, de l’invention, des prises de position). Vraiment, K. avait envie de connaître la suite, ce qui en temps normal est plutôt un bon indicateur.
Mais le style, bordel !
K. s’est inquiétée dès la dédicace. Un garçon de 30 ans qui dédie son premier roman à ses parents, admettons que ça soit touchant. Mais le style était tellement ampoulé que K. avait presque cru à une blague. Le reste étant à peu près à l’avenant (à part quelques moments bénis où les personnages pensent simplement, ce qui pour le repos des nerfs de K. se traduit dans une écriture presque aussi limpide), K. a eu très souvent envie de jeter son livre à travers la pièce. K. a donc capitulé au bout de 136 pages de cette soupe où la prétention le dispute au ridicule. 136 pages de métaphore o-bli-ga-toi-re à chaque ligne. À chaque ligne. On sent que le Monsieur a des Lettres, mais justement, ça pue !
Tags: Julien Capron
Un vrai « page turner ». K. enrage d’être au bureau et de ne pas pouvoir sortir son livre !!!
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