Dominique Blanc

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la-douleurTrois pièces en 10 jours c’est beaucoup, et peut-être trop, mais les hasards du calendrier ont fait que pour ne pas rater des pièces qu’elle voulait absolument voir, K. a enchaîné Partage de midi, La douleur et Philoctète.

Le programme a failli être encore plus chargé car K. s’est rendue compte à la dernière minute qu’Ordet et Après la répétition vivaient leurs derniers jours. Mais K. a su rester raisonnable – avec un peu d’aide de son habituel compagnon de sorties, qui n’en pouvait plus.

 

Chéreau d’abord. Car si K. voulait tant voir La douleur, c’était pour Chéreau et rien d’autre. Chéreau c’est le premier choc théâtral de K. (Hamlet en 1988). Chéreau c’est aussi deux des plus belles adaptations au cinéma d’une œuvre littéraire (Intimité en 2000 et Son frère en 2003). Chéreau c’est aussi un grand moment d’énervement (Ceux qui m’aiment prendront le train, 1998). Bref, pour K. aller voir une pièce de Chéreau ressemble à un premier rendez-vous. Parfois c’est le coup de foudre (Dans la solitude des champs de coton, 1995), parfois non (Phèdre, 2003).

Pour La douleur, aucune hésitation : chef d’œuvre. Un très beau texte (et K. qui a toujours eu l’impression de ne pas aimer Duras va devoir lire/relire ses classiques), une Dominique Blanc magnifique (rien à voir avec l’interprétation de Phèdre qui ne m’avait vraiment pas convaincue), une mise en scène on ne peut plus juste. Pourtant, rien n’est plus casse-gueule qu’un monologue d’1h30. Mais là, avec quelques chaises, une table, une pomme, un manteau, se dessinent tous les lieux, tous les personnages. On est pris, fascinés, suspendus. Pas d’effets de mise en scène, aucun artifice, mais on y est : quelqu’un vit, pense, souffre, s’amuse (juste un peu) sous nos yeux. C’est beau. C’est triste. Du grand théâtre.

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